Bonjour
Tout le monde connait le Mastrou. Train touristique du nord de l'Ardèche, ce fut le premier à être mis en service en 1969 par des passionnés, récupérant une voie ferrée abandonnée quelques années plus tôt. Il a fonctionné ainsi jusqu'en 2003 où l'affaire a été reprise par une entreprise. Depuis rien ne va plus et le Mastrou met la clé sous la porte...
Rendez vous sur
le site du MASTROU pour en savoir d'avantage.
Voilà un reportage que j'ai réalisé les 31 Août et 1er Septembre 2007 entre Tournon et Lamastre, lorsque j'ai rendu visite à ce pionnier, sans imaginer ce qui se tramait alors.
La météo ne s'est pas trompée, le soleil brille ce dernier jour d'Août. En début d'après midi, me voilà débarquant à Tournon sur Rhône, armé d'un reflex et de cartes IGN, bien décidé à immortaliser ce train à voie métrique de l'ancienne compagnie du CFD Vivarais, plus connu sous le nom de « Mastrou ».
Le train à vapeur descendant, au lieu dit « Le Grand pont » La ligne part de la gare de Tournon, accolée à la ligne SNCF Lyon- Nîmes par la rive droite, où s'effectuait autrefois le transbordement des marchandises et des voyageurs entre les CFD et le PLM. Maintenant, seule la gare du CFV, nom actuel de la compagnie qui exploite le Mastrou, reçoit encore des voyageurs.
A la sortie de la gare, la ligne à voie métrique s'imbrique dans celle à voie normale grâce à un troisième rail pour parcourir les deux premiers kilomètres comprenant un tunnel et un pont sur le Doux, bien large au niveau du confluent avec le Rhône.
Mais aussitôt passé le pont, à St Jean-de-Muzols, la voie métrique bifurque vers l'Ouest, quittant l'artère PLM pour s'enfoncer vers la haute Ardèche, en direction de Lamastre.
L'autorail Billard au niveau de l'avertissement annonçant le carré protégeant le tronc commun. Autrefois, la ligne continuait au-delà de Lamastre, jusqu'à St Agrève et Dunières, via le Cheylard où se situait le grand dépôt de la compagnie.

La partie haute de la ligne est exploitée en touristique entre St Agrève et Dunières par le Chemin de Fer du Haut Velay. Un projet de raccordement des deux trains touristiques est en projet.
Mais revenons à la partie basse où le Doux à l'air d'une paisible rivière coulant dans une large vallée.
L'autorail du soir, à composition renforcée par une remorque à bogies, peu après le tronc commun.
Le train à vapeur dans la basse vallée du Doux.

Le train serpente dans la campagne ardéchoise
Mais quatre kilomètres plus haut, les pentes se redressent et la vallée se rétrécit en de profondes et sinueuses gorges, au fond desquelles le chemin de fer se fraye un chemin. Les ouvrages d'art se succèdent, la voie surplombe souvent le vide au dessus d'un mur.
Le paysage devient vite vertigineux
Le pont des Étroits est un bon point de vue:



Les rampes atteignent les 25‰ par endroits. Si l'autorail les avale sans coup férir, il n'en est pas de même pour le train à vapeur dont la vénérable 030+030 Mallet s'époumone devant sa rame.
Le train se hisse au fond de la gorgeA mi-parcours, la vallée s'élargit et voici le village de Boucieu-le-Roi.

Le train à vapeur entre en gare…
… où le mécanicien fait le plein d'eau pour affronter les dernières rampes avant Lamastre.


La vallée reste ouverte quelque temps avant de se refermer sur la deuxième partie du parcours.
Le matin, l'autorail descendant approche de Boucieu (souvenez vous de la pub pour le TGV, où un homme est monté de force dans un train où se trouvait Jean Rochefort, eh bien c'est là !) Le paysage est moins impressionnant que dans les gorges, mais il a fallu recourir à la maçonnerie pour couper les méandres serrés du Doux. Deux viaducs enjambent la rivière pour s'affranchir de courbes trop serrées.

A la descente, le train à vapeur passe sur le viaduc d'Arlebosc
Sur la fin du parcours, le relief s'adoucit et la voie se perd dans la campagne.

L'autorail Billard dans les méandres de la voie.

Dans la cour d'une ferme Vivaroise
La route offre de jolis belvédères pour admirer la ligne:

Peu avant Lamastre, la voie fait une dernière boucle dans la campagne avant d'entrer dans la ville.
Le Mastrou, comme autrefois:



Enfin, voici Lamastre, avec son Bâtiment Voyageurs qui n'a rien perdu de son charme d'antan

La machine arrive en gare, puis elle est dételée pour être virée sur la plaque tournante.
Lamastre, terminus, tout le monde descend !

Pour retourner la machine, point de système mécanique, mais de l'huile de coude:

Moment de répit pour le matériel pendant le pause de midi:

Plus loin, la ligne n'existe plus, la plateforme est toujours là mais la végétation a pris le dessus, si ce n'est la route, voire des maisons !
Le voyage s'arrête là, il faut songer à rentrer. Mais je reviendrai, promis !!!
Un grand merci au personnel salarié et bénévole du Mastrou qui a répondu à toutes mes questions et conseillé sur certains points photos.